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29 août

MAOR ZNATI dans Sensitif septembre 2009 : www.sensitif.fr

Photos : Thomas Synnamon


EDITO:

Visages bronzés, reposés, il semble que ceux qui ont eu la chance de prendre des congés aient voulu « s’éclater », comme s’il était important de reléguer aux oubliettes un premier semestre bien morose.

 

Il nous fallait rien moins que les photos de Thomas Synnamon pour nous consoler de ces congés déjà loin. Les modèles de ce photographe américain que nous avons découvert il y a peu ont une grâce toute particulière et nous sommes heureux de placer en couverture Maor, qui vit actuellement à New York après avoir passé dix-huit ans en Israël, son pays natal. Sa belle présence est pour nous une façon de dire combien il est difficile d’oublier l’attentat de Tel-Aviv mais aussi que le gouvernement israélien (comme tous ceux qui passent des alliances avec l’extrême droite) devrait se souvenir que l’intolérance et les extrêmes ne sont bons pour personne.

 

Permettez-moi de vous laisser en compagnie de très beaux modèles. Que leurs charmes ne vous empêchent pas de prendre connaissance de l’intégralité du magazine. Bonne lecture et bonne rentrée !


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Portrait de Maor Znati (photos de Thomas Synnamon)

mannequin du numéro 38 Sensitif  - septembre 2009

 

Douceur du regard, sensualité des lèvres, beauté du visage, Maor Znati était fait pour Sensitif. Ce jeune mannequin très brun aux yeux marron (un brun lumineux et non ténébreux !) est né le 14 avril 1985 en Israël, où il a fait son service militaire. À vingt-deux ans, il arrive pour la première fois à New York, en touriste, et prend rapidement la décision de s’y installer.

 

Ses premières armes de mannequin, Maor les fait dès l’âge de dix-neuf ans. Il rencontre Thomas Synnamon à New York par le biais d’un ami et fait avec lui une série de photos d’où sont extraites celles que nous publions.

Très intéressé par la décoration d’intérieur, Maor veut présenter le concours d’entrée à la NYSID, célèbre école de design d’intérieur new-yorkaise.

 

Amoureux de la mer et de la musique, adorant faire du bateau et du jet-ski, Maor Znati est passionné par la danse et plus précisément la salsa qu’il pratique depuis l’adolescence et que maintenant il enseigne. Nul doute que cette information ne fasse naître, de-ci de-là, des vocations de danseur de salsa : on trouvera difficilement professeur plus stimulant !









20 décembre

ADRIAN CONQUET

Dans Impudique d’Arnaud Devolontat qu’il a joué à Paris durant quatre mois, on pouvait découvrir un acteur tout en retenue, doué pour le théâtre, le chant et l’expression corporelle. Rencontre avec un jeune homme réservé, capable de s’exprimer dans tous les domaines du spectacle vivant et tourné avant tout vers les autres.

« Je n’ai jamais vraiment pris de cours, ni de théâtre ni de chant. Je suis un autodidacte ayant acquis ses techniques sur le tas. » Avec ces quelques mots, Adrian Conquet nous prouve, si besoin était, que la scène reste bien le meilleur des maîtres. Tout en reconnaissant dans la foulée qu’enrichir ses compétences reste un objectif essentiel.

Pour ce Perpignanais de vingt-quatre ans, tout commence après le bac. Sa licence de sport est interrompue par une peine de cœur qui manque de le jeter dans les bras de l’armée. Il résiste (fort heureusement) et un concours de chant lui permet, par le fait du hasard, d’intégrer une troupe pour jouer dans Les Dix Commandements. Dans la foulée, il fera une rencontre marquante, celle de l’auteur et metteur en scène Arnaud Devolontat, fondateur en 1994 de la Compagnie du théâtre d’art. Être membre d’une troupe pluridisciplinaire vouée au théâtre musical ne pouvait que séduire Adrian Conquet, toujours mû par un désir de découvrir et d’apprendre tout en variant les styles et les genres.

On serait bien tenté d’écrire ici que son charme est unique (ses photos comme ses performances d’acteur peuvent en témoigner) ! Mais ce serait oublier qu’il a un frère jumeau lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. Avec Joris, Adrian partage la même apparence mais aussi un goût prononcé pour la scène. L’un et l’autre font partie de la Compagnie du théâtre d’art et jouent dans les spectacles du Syppox Théâtre à Argelès-sur-Mer. Là, au sein d’une toute nouvelle structure pouvant accueillir un millier de personnes, sur une scène ouverte, ils interprètent les plus grandes comédies musicales sans qu’on les reconnaisse forcément, leur gémellité étant moins évidente sous des costumes de scène.

La saison estivale 2009 commence dans les jours à venir. Quatre mois de répétitions intenses suivies de représentations entre avril et septembre durant lesquelles, deux soirs par semaine, Adrian se mettra dans la peau de Simba (Le Roi Lion), prendra ses habits de danseur pour Chicago, Cats et Grease, participera à la création de L’Ours’eau et d’Ederlezy sur le thème du cirque et des Gitans. Cette expérience artistique lui permettant de jouer un large répertoire musical, depuis le rôle principal jusqu’à un figurant, elle le passionne tout en lui assurant d’être sur scène durant plusieurs mois d’affilée.

Sa formation sportive est un atout important. Adrian explique : « J’ai toujours fait des activités physiques, ce qui m’a aidé à bien connaître et maîtriser mon corps. Beaucoup de judo et de sports de combat comme le taekwondo, de la gym (notamment pour gagner un peu de souplesse), du badminton, toujours très physique malgré ce que l’on croit parfois ! J’ai aussi travaillé au sein d’une troupe de rue avec laquelle je suis allé faire des combats d’épée, des échasses et de la jonglerie en Allemagne. Enfin, pour L’Ours’eau, j’ai commencé à prendre des cours d’acrobatie à Paris. Tout m’intéresse dans le spectacle vivant, je veux pouvoir toucher à un maximum de choses. » Et d’ajouter en souriant : « Il est impossible que je sois un jour rassasié ou blasé par ce métier ! » Parmi les domaines encore inexplorés figure le cinéma, qu’Adrian regarde avec les yeux de Chimène en attendant son heure. Pour patienter, et comme si ce qu’il faisait ne suffisait pas, il prend des cours de piano, de flute traversière et compose pour son plaisir des ballades un peu mélancoliques.

Que ce soit avec l’équipe du Syppox Théâtre ou celle d’Arnaud Devolontat, Adrian Conquet se dit heureux de travailler dans un contexte serein et agréable : « J’ai besoin d’évoluer dans un climat de confiance et d’amitié. Je sais bien que ça n’existe pas partout mais c’est ce que j’ai trouvé jusqu’à présent et ce dont j’ai besoin pour m’épanouir. »

La prochaine occasion donnée aux Parisiens de croiser Adrian (en compagnie cette fois de son jumeau) sera offerte dans quelques jours par le Comptoir du Marais qui organise dans ses murs une exposition de vingt-deux photos de Jean-Baptiste Huong sur le thème de la cigarette. Toujours passionné par l’image, ce photographe a fait des études cinématographiques dans les années 90 avant d’exercer dans l’audiovisuel le métier de monteur-réalisateur. L’envie de produire des images lui fera reprendre un très vieux Canon pour continuer à exercer un œil toujours neuf, vif et émerveillé.

À propos de « The Smoke Exposition », le photographe nous a dit quelques mots : « C’est avant tout le goût du cinéma et des portraits de l’époque des grandes stars d’Hollywood (Louise Brooks, Bette Davis, Marlene Dietrich, Humphrey Bogart, Clark Gable, Marilyn Monroe…) qui m’a donné envie de réaliser ces clichés. Avec ce projet, j’ai souhaité donner un aspect moins dramatique, moins nocif, plus poétique, plus glamour au fait de fumer. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la cigarette mais bien de révéler des émotions et des attitudes liées à son usage. J’ai voulu que chacun de mes modèles apporte davantage qu’une simple pose et enrichisse ces photos de sa personnalité. Venant de divers horizons, tous ont accepté de dévoiler un peu de leur intimité, donnant ainsi cette atmosphère toute particulière qui, je l’espère, touchera les visiteurs. »

 « The Smoke Exposition » sera pour nous l’occasion de découvrir le travail raffiné de Jean-Baptiste Huong tout en retrouvant Adrian Conquet qui pourra, dès lors, prétendre au double titre de comédien-modèle !

 

 « The Smoke Exposition »

Comptoir du Marais du 20 janvier au 8 février 2009

18, rue de Moussy 75004 Paris

01 42 74 06 06







27 avril

Mathieu Renard

 

 Par Philippe Escalier pour  Sensitif : www.sensitif.fr


Le voici en couverture de Sensitif pour la deuxième fois. Cette récidive est une première. Elle obéit à l’envie de suivre l’évolution d’un jeune homme dont nous prédisions, il y a plus d’un an, qu’il saurait trouver sa voie. Depuis, il a eu la délicatesse de ne pas nous faire mentir.

Mathieu Renard, à vingt-trois ans, démontre que le mannequinat tient aussi à ce que l’on est capable d’être et d’exprimer, bien au-delà de l’apparence. L’énergie, le goût de la perfection, la vivacité d’esprit et une indétrônable bonne humeur sont des qualités qui visiblement impressionnent l’objectif… et pas que lui !

 

Passé le choc de son sourire lumineux et de son regard, c’est sa modestie qui frappe au premier abord. Aucune envie de se mettre en valeur : dans un milieu où l’on dit avoir fait un film dès que l’on a intégré un groupe de figurants, lui tient surtout à souligner qu’il a encore tout à faire. De ses débuts, on retiendra les catalogues de mode jumelés à des campagnes d’affichage qu’il a réalisés pour Kappa notamment, des éditos pour différents magazines, ses participations à des show-rooms (Nike) et la nouvelle communication de la boutique Armani de la rue des Rosiers qu’il incarne. En neuf mois, ce n’est pas si mal !

Mathieu débarque en effet à Paris durant l’été 2007. Aussi bouillonnant qu’elle, il s’adapte à la ville instantanément, heureux de pouvoir associer à ses shootings un poste d’assistant de production adjoint sur des plateaux télé, un travail source de satisfactions multiples.

S’il a dû mettre pour des raisons de temps son activité de pompier volontaire entre parenthèses, ce maître nageur, détenteur d’une licence STAPS, continue le sport pour canaliser son énergie et garder la forme. Une discipline indispensable si l’on considère que son métier et sa sensibilité aux arts de la table ne font pas forcément bon ménage !

Ce gourmand de la vie entend continuer à diversifier ses expériences. À ce titre, il va aborder la rentrée prochaine avec des cours de théâtre, réalisant ainsi l’un de ses « vieux » rêves. Et il y a chez lui trop de volonté (elle lui a permis de dompter une impatience chronique) doublée de clairvoyance pour qu’il n’atteigne pas les buts qu’il s’est fixés. Et pour dévoiler une autre de ses qualités (prenant le risque de nous faire taper sur les doigts après qu’il aura lu ce texte !), on ne peut passer sous silence sa véritable humanité donnant à ses photos cette chaleur et cette profondeur si particulières. Photos que vous êtes d’ailleurs invités à découvrir maintenant.


13 février

Montserrat CABALLE

¡Viva la diva!

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Par Felipe Sandonís pour Sensitif, www.sensitif.fr

 

« Montse », indispensable diminutif pour María de Montserrat Viviana Concepción Caballé i Folc, est née au sein d’une famille très modeste de Barcelone en 1933. Après des débuts quelque peu difficiles, ses professeurs Eugenia Kemmeny et Conchita Badia lui donnent suffisamment confiance pour qu’elle entreprenne douze années d’études au conservatoire de musique du Liceu de Barcelone. Et ce avant d’entamer sa carrière en Suisse où elle fait partie de la compagnie de l’opéra de Bâle de 1957 à 1959, avec un répertoire peu commun pour les chanteuses espagnoles qui fera son succès et lui apportera, dans un premier temps, un engagement pour trois ans en 1960 dans la compagnie résidente de l’opéra de Brême.

Son premier grand succès international a lieu en 1965, lors d’un remplacement de Marilyn Horne dans le rôle titre de Lucrèce Borgia au Carnegie Hall de New York. Son interprétation exceptionnelle séduit amoureux de l’opéra et critiques et se termine par vingt-sept minutes d’ovation. Le lendemain, un journal new-yorkais titre : « Callas + Tebaldi = Caballé ». Une formule que la Callas n’allait pas désavouer (elle qui détestait la Tebaldi, sa rivale) en lui offrant les boucles d’oreilles qu’elle portait dans Norma.

D’importants succès et des engagements majeurs, comme l’interprétation de Norma à la Scala de Milan, viendront par la suite. Montserrat Caballé (spécialisée dans le répertoire belcantiste) a chanté plus de quatre-vingt-dix rôles, de l’opéra baroque à Verdi, Wagner, Puccini et Strauss, et aussi différents que Salomé, Violeta, la Maréchale, Sémiramis ou Isolde, à l’origine de nombreux enregistrements majeurs.

Montse surprend le public international en chantant l’hymne des jeux Olympiques de Barcelone avec Freddie Mercury en 1992. Comme l’a raconté la vedette rock, interpréter Barcelona aux côtés de Montserrat a été un immense défi : le respect éprouvé par le chanteur lui imposait une certaine retenue, mais s’apercevant que « la Caballé » s’investissait autant dans son rôle, il s’est déchaîné sur scène où, ce soir-là, on a assisté au duo de deux divas. L’admiration de Montse pour Freddie lui a fait chanter après son décès quelques tubes de Queen, notamment Bohemian Rhapsody, avec Bruce Dickinson du groupe Iron Maiden.

La voix de Montse a atteint des pianissimos exceptionnels. Sa maîtrise, sa pureté et sa puissance ont été cultivées par des années de travail et un instrument vocal inné incomparable.

Après le chant, elle a consacré son temps à des activités bénévoles. Elle est ainsi devenue ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco et a créé une association pour aider les enfants démunis de Barcelone. Montse est aussi le porte-drapeau de sa région, la Catalogne : chaque année, elle se rend au monastère de Montserrat, un écrin préservé à une quarantaine de kilomètres de sa ville natale.

Personnalité d’une grande simplicité, « apprentie de la vie », elle est aussi une femme courageuse et intrépide. La soprano – fait peu connu – vit depuis vingt ans avec une tumeur bénigne à la tête ; les médecins ont diagnostiqué une courte espérance de vie, mais loin de freiner la chanteuse, cela l’a poussée à aller plus loin encore dans son art.

De par son charisme impressionnant et sa voix grandiose, on ne risquera pas le discrédit en lui décernant le titre de meilleure soprano encore parmi nous. ¡Viva la diva!

30 septembre

Mathieu Renard

 

À vingt-deux ans, ce jeune étudiant termine au Mans, où il est né, une licence de sport. Dans le même temps, il prépare le concours de pompier professionnel (il est sapeur-pompier volontaire depuis l’âge de dix-neuf ans) et continue à faire ses premiers pas dans le domaine de la photo.

 

Si le sport tient une grande place dans sa vie (il fait beaucoup de natation, du judo, d’escalade, sans oublier le rugby), il a laissé s’exprimer son goût de servir concrétisé par un engagement chez les pompiers et un brevet de sauveteur. Mathieu est aussi habité par l’envie de devenir mannequin. « Il y a cinq ou six ans, je n’étais pas forcément très heureux. Maintenant j’ai envie de profiter de la vie, de faire des photos et de montrer de quoi je suis capable, sans tomber dans le narcissisme ou devenir prétentieux », dit-il avec ce sourire qui ne le quitte jamais. Plus largement, il entend s’intéresser à la télévision ou au cinéma. Ses premiers contacts lui ont permis de passer divers castings, dont l’un est en cours, pour un téléfilm. « Pour l’heure, je n’ai pas envie de me spécialiser, tout au contraire, je souhaite aller dans plusieurs directions, en travaillant toutes les opportunités », précise-t-il.

 

Lui qui aime foncer, et pas seulement sur les pistes de ski, a organisé les mois qui viennent avec beaucoup de soin. Outre la préparation de son concours pour intégrer le corps des officiers sapeurs-pompiers, Mathieu va se consacrer dans les prochaines semaines à s’inscrire dans deux ou trois agences parisiennes de mannequins. Si sa taille (1,80 mètre) ne lui permettra pas de participer à certains défilés, il dispose de tous les atouts pour s’imposer dans le domaine de la publicité et son charisme devrait aussi impressionner la caméra. Ses nouvelles activités devraient entraîner un prochain déménagement : pour lui, Paris brille de mille feux et s’installer dans la capitale, lieu idéal pour le travail comme pour les loisirs, fait partie de ses objectifs à court terme.

 

Pour l’avoir découvert durant les trois jours passés en Savoie, dans la station des Arcs, le choix de Mathieu pour le numéro de février s’est révélé judicieux. Pas uniquement parce qu’il a été superbement mis en valeur par le talent de photographe de Fred Goudon, mais aussi du fait de sa personnalité dynamique, enthousiaste, généreuse et spontanée, faisant de cette collaboration un moment vraiment à part. Il est probable que vous aurez autant de plaisir à le découvrir que nous en avons eu, Fred Goudon et moi-même, à travailler avec lui.

Philippe Escalier

Article paru dans Sensitif, février 2007

www.sensitif.fr


 

3 septembre

Antoine Coutou

 

Il est deux atouts que le travail n’apportera jamais à un comédien : le charisme et la présence sur scène. Antoine Coutou a la chance de posséder les deux. Et comme si cela ne suffisait pas, le jeune artiste découvert dans Bent aux Déchargeurs où il joue le rôle de Wolf, (voir l'article suivant) cache derrière une personnalité bouillonnante une véritable exigence et un souci des autres qui n’est pas forcément la qualité la plus partagée dans son métier !

Si l’on excepte le chant qu’il n’a presque pas pratiqué sur scène, Antoine Coutou, à vingt-six ans, s’est déjà frotté à nombre de disciplines. Le théâtre ancien (Aristophane), contemporain (Brecht), classique (Marivaux), les spectacles de rue, mais aussi le mime, les marionnettes et dans un tout autre domaine, la publicité. Visiblement quelques grandes marques comme Sony et Ericsson n’ont pas voulu se priver de l’éclat vert-bleu de son regard, ni de son sourire (comment ne pas s’amuser en découvrant dans son parcours un rôle d’Apollon ?). N’attendez pas après cela que monsieur ait la grosse tête. C’est tout l’inverse ! Lui qui a suivi le Cours Florent entend continuer sa formation sur le tas, en se frottant sans ménagement à la vie. L’école-cocon, sérail hors des réalités, n’est pas sa tasse de thé.

Le théâtre, à ses yeux, est une discipline. Ce sportif originaire des Vosges considère qu’il est là pour tout donner, avec énergie, comme dans le triathlon dont il ne peut se passer. « Je ne veux pas me trouver d’excuses, j’ai envie d’y aller à fond, sans m’économiser. La pièce je la veux en intraveineuse. » Et d’ajouter : « L’orgueil, pour moi, consiste à penser aux autres. » Visiblement, cette générosité - à la base de son travail et de son caractère - lui importe puisqu’au sujet des grands créateurs, il aura cette formule : « J’ai le sentiment qu’avoir du génie c’est d’abord savoir protéger les gens autour de soi ! »

Faire son portrait demanderait des pages, il faudrait aborder les films expressionnistes qu’il affectionne, la peinture qui est son jardin encore secret, ces visages marqués par l’existence qui l’attirent, l’élégance intérieure qui le fascine. Et les chemins balisés qu’il refuse d’emprunter pour leur préférer les sentiers plus abrupts suivis par ceux qui désirent se construire en se dépassant.

Après Bent, il attend un rôle « énorme » (comme il le dit en riant) qui révèlera le meilleur de lui-même. Son potentiel évident le prédispose à cela. Il y a chez Antoine Coutou les qualités et la richesse intérieure qui sont la marque des gens peu ordinaires.

 Philippe Escalier 

Les Déchargeurs : 3, rue des Déchargeurs 75001 Paris M° Chatelet-Les Halles Du mardi au samedi à 19 h 30 jusqu’au 29 septembre 2007 - 08 92 70 12 28

2 février

Fred Goudon

 
 

Auteur de plusieurs livres et du Calendrier des Dieux du stade 2005, Fred Goudon est à classer parmi les meilleurs photographes actuels, certainement l'un de ceux qui sait le mieux représenter les garçons à travers des images sensuelles et artistiques, jamais triviales ou banales mais toujours marquées par le formidable mélange d'une grande force et une extrême sensibilité.

Généreuses, les photos de Fred Goudon ont aussi pour caractéristique de ne jamais oublier de mettre le modèle en valeur, et ce, de la plus belle façon qui soit.

À côté de ses nombreuses qualités d'artiste, l'homme est doté d'un caractère foncièrement agréable et d'un esprit positif, marqué par une douceur et une joie de vivre qu'il est rare de rencontrer.

C'est incontestablement une grande chance de pouvoir travailler avec lui dans les pages du magazine Sensitif.

 
Photos de Brice prises au Brésil pour Sensitif.
 
D'autres photos sont disponibles sur :
 
www.sensitif.fr et sur son site
 
 
 
19 novembre

Autoportait

 

Enfin quelques infos que l’auteur de ce blog doit à ses fidèles lecteurs.

 

On commencera forcément par une surprise de taille :

 

J’ai traversé les siècles ayant grosso modo l’âge de Maître Yoda, les rides en moins, grâce aux biosphères de collagène de L'Oréal !

 

Je suis né au XVe siècle, des amours improbables de Jeanne d’Arc et de son compagnon, Gilles de Rais, au nom prédestiné !

 

Dormant un soir dans un même lit, fourbus, tombant de fatigue, énervés de ne rien comprendre à ce que ces foutus anglais baragouinaient, (les interprètes n’existant pas à l’époque), ils s’écroulèrent ensemble sur une couche de paille. Durant la nuit, Gilles, excité par le côté "garçon" de Jeanne, lui fit une révélation au terme de laquelle la pucelle ne l’était plus. Ainsi, lorsque Jeanne dit un jour  « J’ai pris Orléans », Gilles put répliquer « Et moi, la pucelle ! »

 

Je n’ai pas connu ma mère très longtemps. Elle fut victime des britishs qui voulurent lui déclarer leur flamme. Pour m’épargner, on n’annonça que ma mère était partir bucher à Rouen ! Mais qu’elle brulait d’envie de me revoir. Gardant une aversion pour les barbecues et les mensonges, je jurais secrètement de la venger. Depuis, avec le temps, j’ai appris l’art du pardon et pour mon breakfast, bois du thé tous les matins, avec un verre de jus d’orange et un bol de Muesli. Mais je m’égare de l’Est où je suis né, enfin, par le biais de ma mère.

 

J’ai passé de longues années orphelin et, pire encore, sans parents. Pourtant la raison aidant, j’ai depuis souvent remercié le ciel de m’avoir évité les conflits familiaux, les repas de fêtes interminables, les divorces ainsi que les complexes en tous genres. Je décidais de ne pas rentrer dans la fonction publique (cela n’avait pas réussi à ma mère) mais au contraire de travailler. Ma vocation me poussait vers la géographie. Je devins donc historien. Mes décennies de travail m’ont permises de mettre à jour certains vérités largement ignorées, comme le fait qu’Henri II était un fou qui se prenait pour un buffet, que Roméo et Juliette sont, en réalité morts en sortant de boîte dans un accident de voiture (une Alfa Roméo) et que Marcel Proust fut assassiné par des lecteurs venant de comprendre que leur auteur fétiche n'était définitivement pas le pendant masculin d'Agatha Christie, qu’ils ne connaitraient jamais le nom du coupable et qu’il avaient lu 323 568 pages pour rien !

Mes propres écrits sont répertoriés dans toutes les grandes bibliothèques de la planète mais j’ai refusé d’être référencé par Google, n’ayant aucune confiance dans les nouveaux riches. D’autant qu'ayant reçu plusieurs prix Nobel ainsi qu’une tarte à la crème (antirides de L'Oréal bien sûr) sans laquelle ces Prix n’ont pas le même goût, je n'ai plus rien à prouver !

 

Vu mon grand âge, je dois interrompre cet autoportrait que je reprendrais quand revenues seront mes forces.

 

Phil

25 octobre

Hervé Domingues

 

  

À 29 ans, il est à l’affiche du théâtre des Variétés avec Mon Homme, spectacle dynamique et euphorisant bâti sur des chansons célèbres et drôles des années 20 où, entouré de cinq autres comparses, il joue un séducteur aux yeux noirs.

 

Natif de Marseille, à 19 ans, Hervé Domingues part pour quelques jours dans la capitale. Au cours d’une soirée karaoké, Roger Louret le remarque et lui demande de venir, le lendemain, passer une audition. Résultat : une télé dans la foulée et la préparation des Années Twist où il rencontre Philippe Candelon, l’homme qui le met si bien en scène actuellement.

 

Pour lui, tout a commencé à 14 ans en compagnie de son copain d’enfance, Fabrice Banderra. « On disait tellement vouloir faire du théâtre dans le quartier, qu’un atelier a été créé exprès pour nous. Mais à l’époque, une chose est sure, je ne voulais pas chanter. » Pourtant Fabrice Banderra le pousse à le rejoindre chez Alice Dona où il prendra ses premiers cours de chant.

 

Ses talents de chanteur ne font pas oublier qu’il a joué l’été dernier à Londres So ugly it hurts. Auparavant il s’est transformé en Orphée pour l’Eurydice d’Anouilh, en Cléante dans L’Avare, tandis que l’’un de ses grands souvenirs reste L’Arlésienne où, en 1997, il se retrouve aux côtés de Jean Marais aux Folies Bergère.

 

« Aller sur scène, c’est ma récréation » avoue-t-il avant d’ajouter qu’il consacre son temps libre à sa passion, l’écriture de chansons qu’il va reprendre, seul, dans un tout prochain spectacle. « Je me sentais pas de me lancer avant. Là, je crois avoir acquis assez de maturité pour le faire ». Quelques salles sont déjà retenues début 2006. Mais pour l’heure, il reste encore quelques dates pour rencontrer un jeune auteur compositeur interprète prometteur.

 

Philippe Escalier

 

Mon Homme jusqu’au 5 novembre - théâtre des Variétés : 7 bd Montmartre 75002 Paris M° Grands Boulevards - du mardi au samedi à 19h - 01 42 33 09 92

 

 

 

 

22 août

Éric-Emmanuel Schmitt

Vers l’épure

 

Classé parmi les auteurs francophones les plus lus dans le monde, Éric-Emmanuel Schmitt (EES) avec une vingtaine de pièces (jouées par les plus grands) et quelques essais à son actif, est devenu un homme très demandé. Dans un restaurant tout proche de France 2 - il vient de participer au journal de 13h - il nous dit, autour d’un gâteau au chocolat (son péché mignon), avec quelle gourmandise il savoure cette consécration.

 

 

 « Ce n’est pas une première ! » Cette situation rêvée, voir trois de ses pièces à l’affiche, « L’évangile selon Pilate » avec Jacques Weber, « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » et « La Nuit des Oliviers », il l’a déjà vécue. En 1998, Paul Belmondo jouait « Frédérick », Alain Delon avec Francis Huster reprenaient « Variations énigmatiques » et « Le Visiteur », sa pièce aux trois Molières, triomphait.

 

Face au succès venu à lui sans résistance, le normalien agrégé de philosophie réagit avec détachement. Il le vit en s’éloignant. « Je suis fier que mes sujets plaisent, qu’ils soient ou non joués par des têtes d’affiche. C’est la récompense du respect du public. » Et d’ajouter, « pour moi, ce qui est important c’est de préserver la rêverie, les pièces futures. Le fait de vivre à Bruxelles est une protection supplémentaire ! »

 

Son écriture a évolué. EES reconnaît qu’à ses débuts, sa plume était celle d’un normalien. « J’ai commencé à écrire avec mon intelligence, aujourd’hui, j’ai fait disparaître toute trace de cuistrerie, le cœur a pris le relais. » Ainsi, pour prendre le contre-pied de Gide, on peut faire de la bonne littérature avec des bons sentiments ! « Certainement, sinon, vous savez, s’il suffisait de mauvais sentiments, les auteurs foisonneraient ! » Puis, retrouvant son sérieux, il explique que son écriture est née du traumatisme du siècle précédent, où la nation la plus cultivée du monde a pu se montrer la plus barbare. « C’était bien la culture du cœur qui manquait ! » De fait, dans ses pièces, les coups de théâtre opèrent comme des fractures émotives emmenant le public ailleurs pour lui enlever des préjugés et l’amener à sympathiser avec « l’autre ».

 

Une fois la pièce achevée, EES a toujours une idée d’interprète derrière la tête. Pour « Petits crimes conjugaux », par exemple, c’était Charlotte Rampling. Ensuite, il fait confiance au metteur en scène (s’en avoir à s’en plaindre la plupart du temps). Son pêché mignon est de venir découvrir le spectacle quelques jours avant la première, tranquillement installé, seul dans la salle. 

 

Pourfendeur d’idées reçues, « la vraie place de la philosophie n’est ni dans les livres ni à l’université mais dans la vie ou dans les arts qui la reproduisent comme le roman ou le théâtre », EES n’a pourtant jamais abordé l’homosexualité frontalement. Il reconnaît avoir une façon « spéciale » d’en parler. « Je tache de mettre en avant un amour complet qui n’a rien à voir avec le désir ». Puis, avec un sourire, il précise n’avoir jamais écrit sur ce thème, « mais pas davantage de l’hétérosexualité ! » Le monsieur est joueur, il faut le pousser dans ses retranchements. Rapidement il concède : « Vous avez raison, je n’en ai vraiment jamais parlé, sauf…dans mon prochain livre ! » Un ouvrage qui abordera la vie amoureuse de 25 personnages, toutes sexualités confondues. Livre que nous attendons de pied ferme !

 

Philippe Escalier

18 août

Pierre Notte

 

Journaliste et écrivain, Pierre Notte est à l’affiche de la Pépinière Opéra avec Moi aussi, je suis Catherine Deneuve, pièce récemment auréolée du prix Lucien Barrière. L’occasion rêvée de lui poser la question : qui êtes-vous Pierre Notte ? 

 

D’une voix retenue, un peu étouffée, il s’exprime avec une assurance contrastant avec des regards ou des attitudes qui pourraient faire songer à un adolescent intimidé. Né le 21 septembre 1969 à Amiens, Pierre Notte est loin d’avoir effectué un parcours classique. « Les conventions sont pour moi des codes que je ne peux pas déchiffrer » dit-il pour expliquer son statut d’autodidacte pour qui l’écriture a été très vite une nécessité. « Quand une chose doit être écrite, cela devient une obsession devant laquelle tout doit plier. » À 19 ans, son premier roman La Chanson de Madame Rosenfelt est publié par Maurice Nadeau. C’est l’époque où on lui propose de tenir une rubrique télévision au Nouvel Observateur allant ainsi à la découverte du monde la presse dont il ignore tout : « Au début, j’avais le sentiment d’être un usurpateur ! » Son passage à L’Événement du jeudi puis ses collaborations à Epok et au magazine Théâtres dont il est devenu rédacteur en chef, ont dû, depuis, effacer ce scrupule. Sans une certaine discipline, impossible de se consacrer à ses textes, parmi lesquels un second roman, La Nuit irrésolue, ou encore Les couteaux dans le dos écrit pour ses élèves du lycée de Viry Chatillon dont il est intervenant artistique.

 

La double casquette, critique et auteur dramatique n’est pas facile à porter, il en convient : « Compte tenu de mon métier de journaliste, je me suis toujours tenu à carreau. Il m’a fallu du temps pour être sûr de moi et commencer à envoyer mes pièces. Dans un premier temps je n’ai pas été noyé sous les réponses positives! M’ont soutenu, Jacques Gamblin (sa lecture radiophonique de Clémence à mon bras a contribué à faire connaître la pièce, ndlr) et Jean-Claude Cotillard qui a découvert ma pièce par le biais de l’Association Beaumarchais. Son directeur, Paul Tabet, me défend de manière exceptionnelle. Il a notamment permis une lecture à Alfortville de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, ayant aboutie, grâce à Vincent Serreau, dans le théâtre d’Edy Saiovici. » Une pièce qu’il résume en parlant de « véritable farce méchante » racontant des intimités dévastées. Quand il est question de choses simples et graves, le rire s’impose comme la solution salvatrice. Un humour aux tonalités musicales agrémentées d’une quinzaine de chansons de sa composition.

 

 Après La maman de Victor qui lui permet d’être joué pour la première fois, L’Ennui d’Alice devant les arbres est montée à l’Européen. « Je pourrais presque dire que je suis un plagiaire tellement je suis influencé par certains auteurs. C’est une chose que j’assume et qui me nourrit. Je ne pense pas que cela empêche la création de son propre univers, bien au contraire !» dit-il à propos de son style. Au moment où L’État de Gertrude spectacle cabaret, est en train de se finaliser pour Radio France et quand la Pépinière Opéra le met à l’honneur, Pierre Notte pourrait, avec beaucoup humour, avoir la tentation de nous provoquer avec un : « Moi aussi je suis William Shakespeare ! »

 

Philippe Escalier

 

Pépinière Opéra : 7 rue Louis le Grand 75002 Paris M° Opéra – à partir du 19 août, du mardi au samedi à 21h & matinée samedi à 18h – 01 42 61 44 16